Iris Reed - Fuyarde invétérée

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Iris Reed
Espionne
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Date d'inscription : 12/07/2018
MessageSujet: Iris Reed - Fuyarde invétérée Ven 13 Juil - 9:00
Iris Reed
Veuve
Bisexuelle
Espionne
32 ans
Métamorphe


Il ne faut pas toucher aux idoles: la dorure reste sur les mains.


Meet me
Iris
Le personnage
Si j'étais un tissu, je serais un mélange hybride de velours et de satin.
Si j'étais une saveur, je serais entre le vénéneux et le pétillant.
Si j'étais un métal, je serais l'alliage entre le zinc, l'aluminium et le magnésium. Aussi naturel que transformé, aussi brillant que fort, aussi lisse que fascinant.
Trêve d'envolées lyriques, plus concrètement, je me nomme Iris Reed, entre le monde réel et l'imagination, comme le suggère mon prénom désignant cette partie de l’œil, je suis une hybride. J'ai cette capacité à me changer en lézard. Tout comme le lézard, je me faufile dans les moindres recoins.
Subtil mélange entre volupté et piquant, tu ne sauras jamais si tu m'aimes ou me détestes. Je ne te laisserais qu'une vague impression mitigée, que tu chercheras vite à oublier. Alors, mon rôle sera de faire en sorte que tu sois plus intrigué que méfiant. Et le tour est joué !
Sans âge, je possède cette douceur enfantine et ce charme indéfinissablement féminin. Jouant sur cette note physique, je sus même en faire un métier. Séductrice et discrète quand il le faut, je devins espionne.  
Pourquoi, du haut de mon mètre cinquante-cinq, un emploi si peu commun et si compromettant ? Cela est lié à mon histoire et à ma famille. Nous, les métamorphes, sachons voir le vent tourner. Et, je ne suis pas loin de parier que chaque famille, ici, à Mü, assure ses arrières. Cependant, nous renfermer sur nous-même et se focaliser sur nos différences va finir par nous affaiblir. Je le sais bien. Alors, bien sur, je reste fine dans mes actes, mais je refuse de me cantonner à ma famille qui, si un jour s'ouvre une guerre ouverte entre les factions, serait la première à en souffrir. J'aurais pu ne pas être aussi aigrie, mais mon métier et la perte de mon mari et de mon fils m'a assombrie à jamais. Sous mes airs libres et séducteurs se dissimulent une éternelle pessimiste.
Capacité(s)

Mon ADN serait un mixte entre celui d'un humain et d'un lézard. Alors, je peux prendre la forme minuscule de ce reptile à la fois farouche et docile. Mon caractère correspond bien à celui de mon totem. Il est vrai que j'arbore les traits calmes et conciliants du lézard, tout comme son aspect fuyant. Je ne suis pas du genre à aller face aux dangers. Par rapport à d'autres, la transformation se fait de moins en moins douloureuse pour moi. Cependant, j'en subis les conséquences. Mon instinct de survie me rend de plus en plus égoïste et lâche. Sous forme humaine, je suis aussi agile que rapide. Je ne pourrais pas faire des bonds ou quoique ce soit de si surnaturel. Cependant, je cours assez vite pour une jeune femme et mes virages donnent l'illusion que je me faufile. On croirait que j'ai fait de l'athlétisme. Depuis que je cultive plus intensément mon don, je trouve aussi sous ma forme hominidé des capacités de vieillissement plus ralentis. Alors, mon physique semble lisse, fascinant à l'âge indistinct. De plus, je suis rarement malade. Sous la forme reptilienne, je possède une taille standard pour un lézard des murailles: dix-huit centimètres. De couleur complexe, entre le marron et le vert foncé, mes écailles sont tachetées. Comme mon espèce, je suis un véritable passe-muraille. Il est vrai que j'aime me contenter de peu comme habitat, même en tant qu'humaine.  
Iris


On ne peut pas regarder l'espoir dans un miroir, il faut qu'il nous illumine directement de ses rayons


Je n'aime pas beaucoup parler de moi...
Pourtant, mon histoire aurait pu faire verser des larmes compatissantes à mon égard. Du moins, si j'avais eu quelqu'un à qui la raconter. Peut-être que cela m'aurait sauvé.

Rien ne semblait présager la perte de mon âme et ma descente aux Enfers.

Je suis fille d'une métamorphe et d'un ESPer. Ma mère se changeait en lézard et était une femme agile et pleine d'activités. Cette énergie la rendit maîtresse d'école. C'est là où elle rencontra mon père. Il était un parent d'élève.
Dans la famille de ma mère, on vit dans les bas-fonds de la ville et on sait se faire discret. On ne participe pas aux crises de pouvoir mégalomane que pourraient avoir les loups et les lions. Il est de meilleur ton de rester entre soi, entre lézard d'ailleurs, au plus grand comble. Alors, pour ce qui est des autres familles, on les côtoie avec le sourire du lâche, mais on s'en méfie. Néanmoins, ma mère ne se laissant pas vraiment aller à ses instincts reptilien, nouait des liens avec l'extérieur. Sans l'ombre d'un doute, son ouverture sur la société l'excluait. Paradoxe fait. Je ne sais pas comment elle trouva la force de trouver sa place, elle qui ne semblait pas adaptée, ni à la famille nucléaire, ni au monde. Elle paraissait trop rapide et nerveuse ; comme si elle ne clignait jamais les yeux.
Mon père avait le pouvoir de charmer avec sa voix. Son pouvoir était aussi un fardeau, car son charme opérait sans qu'il ne le contrôle ; dès qu'il ouvrait la bouche. Sa famille était plus riche que celle de ma mère et bien plus raffinée. Elle était mêlée à la politique, mais je n'ai jamais vraiment su jusqu'à quel point.
Pourquoi?
Parce que charmé par l'authenticité de ma mère, mon père plaqua tout pour elle. Son ex-femme et ses propres parents lui interdisaient cette relation avec une métamorphe. Il venait vraiment d'une famille riche, voire un peu fermée et mégalomane. Alors, je ne connus jamais ma demi-sœur. De là à dire que mon père en souffrait... Jamais je ne le saurais. Auprès de ma mère, il arborait ce doux sourire digne des plus béats. Auparavant, j'adhérais à cette joie de vivre au sein de ce monde où la débrouille et la récup' étaient les maîtres mots.
Je pense avoir connu l'espoir. Cet espoir qui nous fait croire qu'à Mü, nous pouvons coexister et vivre de peu dans le plus doux des bonheurs. Ce monde apocalyptique, je ne le percevais pas à travers mes yeux d'enfant heureux. Un jour, mon père me glissa cette phrase : « Ne laisse rien ni personne t'arracher l'envie de vivre. Le monde a couru à sa perte une fois, c'est signer notre arrêt de mort que de ne pas tirer les leçons de ce désastre. ».
Je n'étais pas spécialement douée à l'école. Alors, les leçons d'Histoire de l'humanité, c'est mon père qui me les narrait sous forme de contes. J'en ai fait de même avec mon propre enfant, quand mon tour arriva.

De par mon milieu plutôt défavorisé, la milice passait souvent dans mon quartier aux abords des limites de Mü. Elle vérifiait que rien de trop dangereux de l'extérieur pénètre le dôme. Sirènes de police et hordes armées trépignaient au pied de notre immeuble. Mon père disait souvent que c'était beaucoup plus bruyant que lors de sa vie d'avant. Ma mère le regardait à ces moments-là, tendrement, consciente du sacrifice qu'il avait fait.
Un jour, nous dûmes évacuer l'immeuble. Les voisins et nous-même attendions inquiets et soucieux qu'une milice et des spécialistes dératisent l'immeuble. Il avait été infecté par des rats mutants de l'extérieur du dôme. Tout irait bien, nous assurait-il. Mais la zone avait été mise en quarantaine un temps et nous ne pouvions plus rentrer chez nous. Je venais d'avoir mes dix-huit printemps. Il s'agissait de l'âge où l'on rêve d'aventure et d'autres choses. Autant dire que de voir notre immeuble se faire dératiser me confortais dans l'idée que je voulais prendre mon envol. Un milicien, parmi la troupe, se trouvait être plus attentif au bien-être de la population. Directement, je le remarquai de loin. Mon regard se trouvait fasciné. Avec le recul, j'aime à raconter que c'était le coup de foudre. Il nous demandait de nous calmer et nous rassurait sur le bon déroulement de l'opération. Les miliciens, la plupart humain, ne faisaient pas très attention au reste de la population. Sauf s'il s'agissait de leur semblable. Il remarqua de suite que nous étions une famille non-humaine de la première génération. Néanmoins, pour la première fois, un milicien me sourit. Je ne lui ai pas rendu. Plus tard, il m'avouera m'avoir trouvée pimbêche et mijaurée, encore restée bloquée à l'adolescence. Pourtant, une attraction indéfinissable nous ramenait l'un vers l'autre. « Vous n'avez pas à être soucieuse, mademoiselle. Bientôt vous pourrez retrouver votre chez vous.
- Je ne m'en faisais pas. Mais, je me demande comment les miliciens ont pu laisser faire ça. On vous voit assez patrouiller par ici. Comment avez-vous pu laisser ces rats se reproduire et ne rien voir ! »
Le milicien resta blême. Puis, une expression vexée et colérique arpenta son visage. Il rougit.
« Nous n'avions reçu aucun signalement, non plus. A croire que la crasse ne vos inquiète pas. »
Mes parents me dirent qu'ils ne sont pas intervenus car cela ressemblait à une dispute d'enfants. Eux, semblerait-il, avaient tout de suite vu que nous nous plaisions. Ils avaient aussi vécu une histoire similaire. Piquée à vif, je répondis d'un ton cinglant :
« Si on l'avait vu, on s'en serait débarrassé tous seuls et vous ne servirez à rien, les sous-évolués ! »
Le ton était donné ! On ne lui laissa naguère le temps de répliquer.
« Vivian, viens, on a besoin de toi. »
Nous nous toisons à l'infini. Les respirations s'étaient coupées. On aurait pu en rester là. Brider dans l'orgueil de notre jeunesse. Il tourna les talons après de longues secondes. Mes adorables parents, source de ma vie, clef de mon code génétique, origine des pulsations de mon cœur, réalisèrent l'impossible. La voix charmeuse de mon père, à qui on ne peut rien refuser, lança :
« Jeune homme, merci beaucoup pour ce que vous faites. Nous sommes très heureux que vous n'aillez pas dû raser l'immeuble. Nous avons vu comment vous nous avez rassurer, nous et nos voisins, je vous demande avec humilité si vous accepteriez de venir demain après votre service accepter un verre de remerciements. »
Hypnotisé par le don de mon père, le jeune homme acquiesça d'un signe de tête, la bouche ouverte. Lorsqu'il détourna le regard, il dut se demander pourquoi il accepetait une invitation aussi saugrenue.
« Papa ! Tu ne vas pas inviter un humain chez nous ! Pas un sale milicien ! Y'a rien à remercier. Le quartier c'est l'enfer avec leur présence ! T'abuse ! Moi je me casse quand il est là, je te le dis ! »
Ma mère pouffa à l'arrière. Et, manipulateur de mots, mon père replaça une mèche de mes longs cheveux bruns. A l'époque je les portais ainsi. Ils tombaient sur mon visage, le dissimulant presque, et me donnant des airs d'adolescente dépressive. En ce temps-là, comme j'avais arrêté l'école à seize ans, au grand damne de mon père désargenté et à la désinvolture de ma mère relaxée, je sautillais de petits boulots en petits boulots, vivant chez mes parents, et préférant jouer à des jeux en ligne sur l'internet, quand on en avait assez. Je lisais beaucoup aussi. Malgré mon échec scolaire, j'avais un esprit volatile et rêveur qui me plongeait dans d'incroyables lectures et aventures.
Je soufflai. De toute façon, ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Il repartira et la plaisanterie s'arrêtera là. Une grande flemme m'habitait. Je n'irais pas me balader.
Contre toutes attentes, tout se passa pour le mieux. A la fin, c'est même lui qui me demanda si l'on pourrait se revoir. Je n'avais pas beaucoup parlé, mais mon air flegmatique et sombre l'attirait sans aucune raison. Mon père, comme à son habitude, avait monopolisé la parole. Compatissant du boulot de milicien, il avait réussi à faire parler ce fameux Vivian de son métier, des tensions qui animaient Mü et des craintes... Je me souviens que c'est à ce moment-là que je m'étais rendue compte que le don de mon père pouvait être très dangereux pour obtenir des informations. Un instant, j'ai cru comprendre pourquoi il avait fui son ancienne vie.


Nous nous revîmes plus d'une fois. Ce n'est qu'après trois mois d'extrême timidité qu'il m'embrassa un soir pluvieux, sous un porche d'un restaurant fast-food, avant d'appeler un pousse-pousse et me laisser monter dedans. Il me cria alors : « je t'épouserai Iris ! ». La plupart des filles auraient fui à cette annonce empressée. Le romantisme qui animait nos vies demeurait unique. Il s'agit d'un amour profond, maladroit et plein d'espoir. Je me rappelle avoir été touchée et ne pas avoir eu peur. Cet humain était mon premier amour et il a su parler à mon cœur. Une fois la gêne écartée, elle fit place à la passion. Je passais mes nuits dans son appartement à lui faire l'amour. Il me rendait ma tendresse par cent. Il était l'idéaliste, j'étais la douce illusion qui nous permettait de parfois redescendre sur terre comme de nous envoler vers l'irréel. Il était le sensible, j'étais la flegme. Nous étions jeunes.
Il me demanda officiellement en mariage le jour de la crémation de mon père. C'était un jour sans, mais rien de dramatique. Il nous avait préparé ma mère et moi à sa mort prochaine. Mourir à quarante-sept ans, c'était déjà bien pour un ESPer au tel don. Son état qui déclinait déjà, quand il approcha la quarantaine nous avait rappelé son destin. Nous ne pleurâmes pas, selon son souhait. Nous avons chanté, selon son désir. Nous lui avons dit merci, selon nos cœurs. Il emporta dans sa tombe les secrets de son ancienne vie, mais il a dit à ma mère : « Merci de m'avoir fait connaître le sens d'une vraie existence. ». Nous ne sommes rien pour sa famille, mais nous sommes sa famille à lui. Heureusement, Vivian nous soutenait. Il m'avoua, bien plus tard, à la naissance de notre premier enfant, que mon père lui avait confié sa famille. Vivian était quelqu'un de courageux. Sa simplicité et sa sensibilité qui le rendait moins viril que la moyenne étaient ses plus grandes qualités.

Ray... en hommage à mon père. Ma mère en pleura. Vivian s'est évanoui le jour de l'accouchement.
J'avais alors vingt-cinq ans. Cet enfant était plus que désiré. Après la mort de mon père, ma mère tomba malade et jamais on ne sut la guérir. Les soins et les diagnostiques à l'hôpital coûtaient trop chers. On lui prédisait une longue agonie. Tremblements, crise de folie, elle se changeait en lézard et redevenait une humaine livide et sans vie. Son animalité prenait le dessus lentement. Ce ne fut pas chose facile. Mon état perturbé, malgré le soutien de Vivian, je mis bien quatre ans à tomber enceinte. Entre le travail, aller m'occuper de ma mère, prendre soin d'un mari fatigué par la milice, m'inquiéter pour l'argent et le fait que Vivian pouvait disparaître, me laissant seule, lors d'une expédition; rien n'était fait pour m'aider à trouver l'état serein nécessaire à la procréation. Je fis trois fausse-couches lors de ces quatre années. Néanmoins, Vivian, toujours constant, quoique de plus en plus fatigué, était un pilier inébranlable.
La naissance de Ray apaisa la vie. Ma mère se stabilisa aussi légèrement. Même si, j'avais compris, depuis la disparition de mon père, devenir un animal serait sa façon à elle d'oublier, de le rejoindre et de sûrement terminer ses jours sans souci. Elle consentit à prendre Ray, plusieurs fois, dans ses bras. Elle lui chuchotait : « toi aussi, comme ta mère et moi, tu glisseras partout à travers Mü. Et si un jour tu trouves mon nid, n'oublie pas de venir saluer ta grand-mère. Ray. Tu viendras me saluer. ». Mélangeant les genres, j'estimais à ce moment-là, le temps de reprendre Ray. Alors, elle se changeait en lézard et disparaissait dans les draps de son ancien lit conjugal. Je criais alors : « A demain, maman. ».
Mais un de ces lendemains, je ne la trouvai pas.

Le cycle de la vie... Je ne me faisais plus de souci pour l'avenir. J'étais une femme accomplie. Le soir, je susurrais des histoires à mon fils et à mon mari. La journée, j'allais vendre des cassettes vidéos à des ESPers avec le sourire. Rien ne pourrait plus m'assombrir. J'étais devenue une mère comblée.
Le cas de Vivian penchait du mauvais côté de la pente. Il m'expliqua, un soir, alors que Ray venait d'être couché, que ces collègues humains le jugeaient de s'être reproduit avec une métamorphe. On ne se cachait rien. Nous étions avant tout de très bon ami, alors, c'est sans peur de me blesser qu'il me répéta leurs propos : « Ils me sortent des piques du type : ''Pour des jeux sexuels et son agilité, je comprends que t'ai choisi la petite Iris, mais là c'est dégueulasse.'' ''Tu veux perpétuer des impuretés dans Mü.''. D'autres phrases de ce type. ». Je remarquai que Vivian était plus touché par les réflexions scabreuses sur sa famille que par les réflexions racistes. Ce n'était pas mon cas. Le discours sous-jacent de ces remarques ne m'échappait pas. Les humains se croyaient plus purs que nous. Vivian tapa du point sur la table. « Ils ne voient pas que nous sommes plus heureux que ces pitres qui fricottent les bordels. Je suis vraiment fier de notre famille. Je ne supporte pas qu'ils nous insultent. ».
Pourtant, les choses empirèrent. Un jour, lors d'une expédition à l'extérieur, deux de ces collègues avaient failli le laisser sur la touche alors qu'ils devaient fuir une bête sauvage. Leur raison fut clair : il avait trahi le code génétique humain. Il ne méritait plus sa place parmi les miliciens. Puis, quelques temps plus tard, le chef de son équipe souhaitait son transfert dans une autre équipe ou son renvoi. Il était connu pour ses opinions puristes et il lui fit comprendre que désormais, il ne pouvait plus lui faire confiance. « Tu joues avec les mutations. Qui nous dit que dehors tu ne voudras pas sauver un félin mutant plutôt qu'un humain. On ne peut plus te faire confiance. Casse-toi, trouve-toi une autre équipe, mais je doute qu'on veuille encore de toi quelque part. ».
Je me sentais impuissante face à cela. Je regardais tendrement l'amour de ma vie s'effondrer. « Comment on va s'en sortir maintenant ? Je ne sais faire que ça, moi. Et l'argent que je récoltais avec ce que je vendais au marché noir. C'est lui qui nous donnait notre train de vie. Je ne peux quand même pas m'aventurer seul à l'extérieur pour rechercher des objets. ».

Il s'en sortit tout de même. Par compassion et camaraderie, Vivian fut accepté pour certains raids où ils avaient besoin d'être nombreux. En attendant qu'il reprenne sa place, je travaillais plus dur dans mes ventes d'objets et principalement de cassettes vidéos. Ray passait de plus en plus de temps chez la nourrice. Mais, malgré tout cela, nous préservions nos moments en famille.


Pourquoi s'en est pas resté là ? Parce que le monde est pourri...  
Me souvenir de ce moment où ma vie a implacablement basculé est très douloureux pour moi. La genèse de ce que je suis aujourd'hui m'est quasiment immémorable. Je ne le dirais alors qu'une fois. Personne de ma nouvelle vie ne connaît ce passé si enfoui. Cette carapace d'écailles, de reptile, existe depuis ce jour-ci. Tout ce que j'avais pu vivre auparavant avait un sens. Il s'agissait des épreuves de la vie par lesquelles on récolte la sagesse. Mais, ce jour-ci est gorgé de non-sens et de cruauté. Rien ne peut expliquer ce qui est arrivé. Comment croire que le monde soit sale à ce point ? J'aimerais me dire que nous sommes les pions d'un monstre là-haut qui nous manipule. Mais, ce n'est pas le cas. Nous évoluons simplement dans un monde sale et puant.
Il m'avait dit de venir voir, je n'en croyais pas mes yeux. Une super voiture. Nous pourrions nous déplacer à Mü jusque dans les quartiers des hauteurs. Elle ressemblait à un tacot de récup', mais je faisais confiance à Vivian pour nous la faire s'envoler ! Ray avait cinq ans. Il était déjà tout excité à se mettre dans la voiture. L'extase des deux hommes de ma vie me contaminait mais je demeurais légèrement méfiante.
Nous n'avions pas forcément les moyens de posséder tel véhicule. J'aurais préféré mettre cet argent dans des vêtements moins rabibochés pour Ray. Je commençais déjà à me méfier quand il me dit qu'un de ces collègues lui avait vendu pour une bouchée de pain. Encore plus quand il me dit que ce collègue voulait nous faciliter notre vie déjà bien chargée. Il est clair qu'être véhiculé nous économiserait pas mal d'énergie. Mais, d'où venait cette générosité soudaine de ces racistes d'humains ? Ces bourrins avides d'argent qui ne supportaient pas voir l'expression de la tolérance... Soit.
J'avais froid.
J'étais partie chercher un châle avant de monter dans la voiture. Ray sautillait déjà, assis sur la banquette arrière. Vivian me criait de me dépêcher et qu'il voulait l'essayer de suite!Les rires et les cris de joies animaient la rue. Des voisins avaient même passé leur tête par la fenêtre. Un pousse-pousse s'était arrêté pour partager le rire de triomphe de Vivian. « Dépêche-toi, Iris, ou on part l'essayer sans toi ! »
Je courais vers l'entrée de l'immeuble. Mes pas raisonnaient dans l'escalier. Mon visage était illuminé par le sourire d'excitation. Un rire silencieux raisonnait en moi. C'était génial !
Un bruit sonore se fit entendre, suivi par des cris. Je me figeai dans la cage d'escalier. Ce sourire n'avait pas encore eu le temps de disparaître de mon visage alors que je faisais le lien dans ma tête entre le bruit d'explosion et les hommes que j'aimais.
Un blanc total.
Je ne sais par quelle force mes muscles ont pu faire demi-tour et aller voir dans la rue ce qu'il s'y passait. Je ne sais même pas par quel miracle je ne suis pas morte sur le coup de la vision de la voiture en flamme devant mes yeux. Je ne sais pas non plus qui m'a retenu alors que mes jambes me lâchèrent.
De longues secondes s'écroulèrent, je sentais une pression sur mon bras gauche. Le cri qui stria la rue aurait pu ne pas être le mien. Il sortait d'autres choses que de mes entrailles. C'était le bruit de mon âme qui se déchirait à jamais.
Je ne distinguais plus lesquels de mes larmes ou des braises réchauffaient mon visage. Le cri ne s'arrêtait plus. Il ne s'est jamais plus arrêté. Il demeure en moi, à l'intérieur, à jamais. Ce cri amorphe prend parfois la forme du nom de Vivian ou Ray. Il m'aimait. Il avait cinq ans. Ils étaient avec moi, en moi... Ils me les ont pri.

Ce fameux collègue était connu pour être un activiste raciste dans les bas quartiers. Il est bien plus facile de s'attaquer aux accessibles plutôt qu'aux dirigeants. Il voulait faire payer Vivian et sa famille de trahir son code génétique. Cependant, on ne sut jamais prouver qu'il avait piégé la voiture bien qu'il a été lourdement soupçonné. L'enquête s'arrêta sur la thèse du problème technique. Il s'agissait d'une voiture de récupération, il se pouvait qu'elle eut un défaut. Néanmoins, je doutais que Vivian ne l'eut pas essayé avant en présence de son collègue. Surtout qu'il était prêt à nous faire monter, Ray et moi, dans cette voiture. Pour moi, il était clair que la voiture avait été piégé entre un possible essai et sa transaction. Son sourire narquois devait être effacé. Mais aucune preuve, aucun dire de Vivian avant de mourir... Rien. J'en étais d'autant plus en colère.
Janvier 2536, je perdis mon âme.

Ne supportant plus mon ancien lieu de vie, je déménageai pour des quartiers un peu plus huppés avec les économies que m'avaient laissées Vivian. Je n'arrive pas à penser à mon ancienne vie. Et d'ailleurs, c'est peut-être cela qui me fait vivre. Ou survivre. Après deux mois de repli sur moi-même, où me changer en lézard me faisait tenir bon, je vendis un jour mes services pour espionner quelqu'un. Contre toute attente, cela paya bien.
Je le fis encore une dizaine de fois. Dans une ville remplie de masques, tous cherchent à connaître leurs ennemis. Cela me rend encore plus reptilienne qu'à l'accoutumée, mais ce nouveau travail me permet de ne plus penser à mon drame.
Je ne vis plus que pour servir et oublier.
Mais, le jour où je me réveillerais, gare à ceux qui m'ont arrachés la chair de ma chair.
 


Et toi alors?
Date de naissance: Hiver 1995
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Comment nous-as-tu connu?: On m'a filé le lien.
Un petit mot à nous dire?: Les plus difficiles à poser sont toujours les fondations.
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Dernière édition par Iris Reed le Sam 14 Juil - 19:44, édité 11 fois
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Lawrence Chevaliers
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Ven 13 Juil - 9:22
Bienvenue à toi !

Si tu as des questions n'hésite surtout pas à me contacter par mp pour mes les poser, je ne mords pas ! Very Happy

Au pire tu peux aussi contacter Nikolà Wink

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Nikolà Chevaliers
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Ven 13 Juil - 11:53
Bienvenuuuuuue

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Iris Reed
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Ven 13 Juil - 15:58
Merci beaucoup de votre accueil !
=D

J'ai fini ma fiche, mais avant de vous le signaler officiellement, j'attends des nouvelles d'une rpgiste qui, si on se lie inrp, va peut-être changer la fin de ma fiche légèrement. Mais le principal ne bougera pas. Ce ne serait que le dernier paragraphe. Donc si vous voulez déjà lire et corriger n'hésitez pas, comme ça je saurais si mon personnage correspond ou non. Sinon, dans tous les cas, dès que j'ai des nouvelles de cette rpgiste, la fiche sera officiellement finie =D
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Lawrence Chevaliers
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Ven 13 Juil - 16:07
D'accord ! On note tout ça, mais on préfère éviter de faire de prévalidation, aussi, je pense que nous attendrons d'avoir de tes nouvelles en ce sens avant de te modérer Wink

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Lawrence Chevaliers
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Sam 14 Juil - 19:07
Hello ! Je vais m’occupoer de ta fiche directement ! Dans l’ensemble, ça va impeccable, il y a juste quelques petites choses qui me dérangent un peu ! Note que tout ne va pas demander modification, parfois, juste une explication me suffira hein ! Wink


- Tu dis courir à une vitesse anormale, par exemple, alors je dois bien te signaler que les traits liés aux animaux sont généralement en matière de mental, et non de physique, donc je vais te demander de rendre ça plus « normale », tu vois ce que je veux dire ? Pareil pour la régénération accélérée qui n’est pas exactement le concept des homme-lézards tels qu’on les a ici. La seule chose qui trahit vraiment un lézard serait le ralentissement de vieillissement plus ou moins prononcé visuellement.
- Les miliciens protègent la ville, mais la sécurité intérieure est davantage une affaire de la police que de la milice.
- Autant c’est logique que tout le monde crache sur une pute à humain ou sur un gigolo à lézard, autant le caractère du chef de la milice ne serait pas du genre à volontairement faire laisser quelqu’un sur la touche. Il ne faut pas exagérer. Il ne serait pas considéré comme un excellent chef sinon, tu ne penses pas ?
- Si Vivian s’est vanté de l’achat de la voiture à un de ses collègues devant tout le monde, il a forcément été largement soupçonné, , non ? Et si, comme je le pense, Jonathan – donc un métamorphe – était chef de la police, ça a pas du être juiste classé sans suite avec un défaut mécanique. ^^

Oui, je sais, ça semble faire beaucoup, mais pour être honnête, sincèrement, j’ai énormément aimé ton personnage et ta fiche ! Du coup faut pas te décourager, dis toi juste que suis assez (pas mal même) pointilleux… xDDD

S'il y a des points où tu veux des éclaircissements, alors n'hésite pas ! Ma boite à MP t'es ouverte ! Wink

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Gregorian Steele
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Sam 14 Juil - 19:25
Bienvenue à toi ! :3
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Iris Reed
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Sam 14 Juil - 19:44
Alors, alors,

- Pour les traits reptiliens:
Citation :
Je ne pourrais pas faire des bonds ou quoique ce soit de si surnaturel. Cependant, je cours assez vite pour une jeune femme et mes virages donnent l'illusion que je me faufile. On croirait que j'ai fait de l'athlétisme.
Plus normal, et peut-être que c'est son instinct de survie et la forme physique qu'elle possède qui lui octroie cela.
Citation :
Depuis que je cultive plus intensément mon don, je trouve aussi sous ma forme hominidé des capacités de vieillissement plus ralentis. Alors, mon physique semble lisse, fascinant à l'âge indistinct.
Tout comme Emilia Clarke (c'est pour ça que j'ai choisi cette actrice), elle peut sembler très jeune malgré des airs de trentenaire parfois, car elle a quand même une sagesse acquise par les années.

J'ai enlevé l'idée de régénérescence. J'avais mal compris.

-Je ne modifie rien dans l'histoire mais j'en prends note pour bien saisir le contexte du forum. Disons qu'on peut dire que, comme il s'agissait de rats venant de l'extérieur, l'expertisme des miliciens semblaient nécessaire au force de l'ordre, comme l'idée que ces hommes valeureux pouvaient être utile comme renfort pour une fois.

-Je me suis mal exprimée en fait. Je pensais à une affaire plus de mœurs que de grande ampleur. Quand je parlais de chef, je pensais à un chef d'équipe. D'où la phrase qui exprime que le chef se demande qui voudrait de lui maintenant qu'il se reproduit avec une femme lézard. C'est dans le sens, d'autres équipes de miliciens peuvent le refuser. J'ai donc précisé:
Citation :
Puis, quelques temps plus tard, le chef de son équipe souhaitait son transfert dans une autre équipe ou son renvoi. Il était connu pour ses opinions puristes et il lui fit comprendre que désormais, il ne pouvait plus lui faire confiance. « Tu joues avec les mutations. Qui nous dit que dehors tu ne voudras pas sauver un félin mutant plutôt qu'un humain. On ne peut plus te faire confiance. Casse-toi, trouve-toi une autre équipe, mais je doute qu'on veuille encore de toi quelque part. ».

-Pour la conclusion de l'enquête:
Citation :
L'enquête s'arrêta sur la thèse du problème technique. Il s'agissait d'une voiture de récupération, il se pouvait qu'elle eut un défaut. Néanmoins, je doutais que Vivian ne l'eut pas essayé avant en présence de son collègue. Surtout qu'il était prêt à nous faire monter, Ray et moi, dans cette voiture. Pour moi, il était clair que la voiture avait été piégé entre un possible essai et sa transaction. Son sourire narquois devait être effacé. Mais aucune preuve, aucun dire de Vivian avant de mourir... Rien.

Merci pour les corrections; J'espère que ça va désormais. C'est normal de souhaiter que son contexte soit respecté, de plus, c'est ce qui permet au joueur de jouer dans le même monde et d'y prendre plaisir. Je comprends tout à fait et ça ne m'a pas fait peur ahah ! Merci, j'espère que vous apprécierais encore ce personnage !
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Lawrence Chevaliers
Professeur à l'université
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Date d'inscription : 28/05/2018
MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Sam 14 Juil - 20:00
Bon, très bien alors ! Et oui, je continue à apprécier ce personnage, clairement, il est très intéressant et très prometteur ! Very Happy

Tu es donc validé(e)!


Avant tout, si ce n'est pas déjà fait, n'oublie pas de remplir ton profil correctement, merci!

Maintenant, tu peux intégrer le jeu , je t'invite à créer, si tu le souhaites, ta demandes diverses. Saches que tu pourras communiquer avec le staff ou autre ici. N'hésites d'ailleurs pas à mettre en alerte, les news du forum pour ne rien louper!

Amuses-toi bien parmi nous!


_________________
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Oxane Loste
Ingénieure en cybersécurité à CLARTHEC
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Date d'inscription : 12/06/2018
MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Sam 14 Juil - 20:08
Bienvenue! Very Happy
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Jilano Alno
Milicien troubadour
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Date d'inscription : 12/07/2018
MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Dim 15 Juil - 1:35
cheers Bienvenue \o/
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Josha D'Lenga
Esclave en fuite
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Date d'inscription : 13/07/2018
MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Dim 15 Juil - 9:57
Bienvenue!
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Caleigh Faron
Médecin
Voir le profil de l'utilisateur
Date d'inscription : 10/06/2018
MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée Lun 16 Juil - 21:38
Bienvenue parmi nous Wink
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MessageSujet: Re: Iris Reed - Fuyarde invétérée

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